Cet article, sous forme d’interview, donne des éléments de réponse à tous ceux qui souhaitent apprendre une langue étrangère et se posent des questions. Il compare entre autres les cours individuels aux cours de groupe et aborde le thème de leur durée optimale.
Aliona : Gabriel, au Quartier francophone, vous proposez des cours individuels de 30 minutes et beaucoup d’élèves pensent que c’est trop court. Pourquoi ce choix ?
Gabriel : Cette durée est optimale pour le travail que nous proposons avec les débutants (A0-A2), qui constituent la plupart des demandes que nous recevons. Il faut cependant garder en tête que chaque requête fait l’objet d’une discussion pour déterminer le format le plus adapté en fonction du niveau, des besoins et objectifs de la personne qui nous contacte.
Pour des niveaux intermédiaires ou avancés (B1-C2), on peut doubler voire tripler cette durée.
Sur ce point de la durée des cours, rappelons ce que préconisent les sciences cognitives en matière d’apprentissage :
— les informations sont mieux retenues et les compétences se développent davantage lorsqu’on les sollicite régulièrement. Mieux vaut 3 leçons de 30 minutes réparties sur la semaine qu’une séance unique de 90 minutes.
— les capacités d’attention diminuent au-delà d’un seuil qui varie selon les études, mais qui se situe autour de 40 minutes.
— le travail en ligne épuise les ressources cognitives beaucoup plus vite.
Cela s’applique à plus forte raison pour les débutants. En effet, ceux-ci sont soit incapables de s’exprimer en langue étrangère, soit ils le font avec difficulté et maladresse. Dans nos cours, même un novice complet communique directement en langue étrangère avec son professeur et les autres participants éventuels. Interagir dans ces conditions représente alors une dépense d’énergie considérable. Nos apprenants sont donc mis intensément à contribution et leurs retours sur ce point confirment le bien-fondé d’un format court.
Pour ceux qui peuvent déjà s’exprimer, 30 minutes représente également un temps idéal pour se plonger dans la langue et échanger sur un thème donné sans que le cours perde en dynamisme. Des sessions fréquentes avec une méthode qui sollicite activement les apprenants sur des sujets qui les intéressent produisent des résultats bluffants !
Dans quel cas un cours individuel plus long est-il recommandé ?
Lorsque l’apprenant atteint un certain seuil de compétence à l’oral, un travail prenant davantage appui sur l’écrit offre de nouvelles perspectives. On peut alors consacrer plus de temps au développement d’un lexique riche et diversifié, à l’étude d’aspects plus formels en lien avec la nature des textes, au choix de certains modes ou temps verbaux, aux nuances de sens entre les mots et à l’observation de leur entourage linguistique, aux différents registres, aux implicites culturels, à l’amélioration de la lecture, à la planification d’un monologue, à la rédaction d’un texte…
Pour ce type de travail, il faut partir sur un format de 60 ou 90 minutes.
Par ailleurs, notre approche écarte la menace du cours magistral. Ce piège classique conduit fatalement tout professeur non formé ou formé dans les approches traditionnelles à adopter la posture du sachant qui délivre un contenu d’enseignement. L’apprenant se retrouve à ce moment coincé à écouter des explications qu’il pourrait d’ailleurs trouver gratuitement sur internet.
Dans nos cours, rien n’apparait de manière décontextualisée. Les notions plus abstraites sont toujours abordées à partir des situations de communication que nous avons vécu en classe. Et celles-ci sont plus en plus élaborées, à l’oral et à l’écrit. Donner une place centrale à la communication, nous permet de maintenir un haut niveau de motivation chez l’apprenant sur le long terme.
Il ne faut pas perdre de vue que l’objectif premier des gens qui contactent les écoles est de pouvoir interagir avec des locuteurs étrangers, autant à l’oral qu’à l’écrit. Pas de devenir des linguistes qui connaissent les règles d’une langue sans pouvoir les appliquer dans une conversation !
Est-il mieux d’étudier seul ou à plusieurs ?
Une idée reçue prévaut encore, celle de croire que les langues étrangères est une matière comme une autre, qui s’apprend comme les mathématiques, l’histoire ou la géographie. Par conséquent, avoir un prof rien que pour soi serait une situation idéale, dans laquelle l’apprenant recevrait plus d’informations et serait au centre de toutes les attentions. Même si un enseignement personnalisé peut effectivement permettre de progresser plus vite dans certains domaines, le cours de groupe présente davantage de possibilités d’interaction et de réemploi.
En effet, la manipulation répétée de structures linguistiques étant un impératif pour la mémorisation, le format du cours collectif fournit un meilleur terrain de pratique. Dans un cours particulier, lorsque le professeur a obtenu la réponse à la question « Vous êtes marié ? », il est déjà à bout de ses possibilités. À plusieurs, il peut formuler la demande autant de fois qu’il y a de participants, et l’apprenant sera exposé à la fois plusieurs fois à la même question et il entendra tout un éventail de réponses qu’il pourra ré-exploiter.
L’interactivité est ainsi l’énorme avantage des cours collectifs. Les messages circulent entre prof et élèves, par deux, en petits groupes, avec un invité… Chacun offre sa vision du monde formulée de façon unique et si la séance est bien menée, ces situations créent des moments et de plaisir, avec en plus comme bénéfice des progrès plus conséquents.
Un petit résumé ?
À tout prendre, beaucoup dépend de l’enseignant. Avec un bon prof, on peut tirer plus profit d’un cours individuel que d’un cours de groupe mené par un mauvais. Car même avec des apprenants motivés, un manque de formation efficace, d’expérience ou de savoir-faire du côté du prof conduit vraisemblablement à un scénario catastrophe quel que soit le format du cours.
Votre budget est limité? Les cours de groupe remportent la manche.
Votre emploi du temps est déjà rempli? Avantage au cours individuel, plus flexible, et qui s’il ne dépasse pas 30 minutes permet de pouvoir caser plusieurs cours dans la semaine.
J’espère que cette interview met en évidence que les formules que nous proposons ne sont pas arbitraires, mais sont toutes conçues dans une optique d’efficacité pédagogique maximale. Nous connaissons les stratégies d’enseignement pour appliquer certains principes clés des sciences cognitives et nous savons adapter le contenu et le format des cours au niveau et besoins des apprenants. Mais si après toutes ces explications vous ne savez toujours pas quoi choisir, appelez-nous !
Propos recueillis par Aliona Maravieva, collaboratrice du Quartier francophone.